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Tableau noir

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Dans son ouvrage, Tableau Noir, Gérard de Sélys démontrait en 1998 déjà que l’introduction massive de l’informatique dans les établissements scolaires était le résultat d’une stratégie parfaitement pensée au niveau européen. Il s’agit de privatiser les savoirs et leurs moyens de transmission tout en préparant les jeunes au télétravail, nouveau mode d’asservissement des travailleurs. Qui dira que sa vision est complètement erronée ?

« Dans un coin de la salle de séjour, depuis l’aube, la mère dactylographie à la hâte la traduction d’un nouveau dépliant publicitaire sur son ordinateur. Elle doit impérativement envoyer la version définitive par internet à son client avant minuit. Il l’a prévenue qu’il n’accepterait plus aucun retard et qu’il n’avait que l’embarras du choix pour trouver d’autres traducteurs à domicile.

Le père, lui, s’est installé un coin de travail dans le garage. De toute manière, ils n’ont plus de voiture. Il répond laborieusement aux questions que lui pose un didacticiel. Le scintillement de l’écran lui pique les yeux. Quand sa réponse est correcte, son ordinateur émet un hourra métallique. Quand elle est mauvaise, il pousse un « coin-coin » de canard enrhumé. Le père doit apprendre une nouvelle méthode comptable pour son entreprise. Autrefois, il recevait ses formations à son travail. Maintenant, il est obligé de se former lui-même, chez lui, pendant ses loisirs et à ses frais.

Le fils est dans la chambre qu’il partage avec sa petite sœur. Celle-ci est encore à l’école primaire. Lui, il ne va à l’école que le matin. L’après-midi, il le passe sur son ordinateur à apprendre les langues, les maths et l’électronique. Ses parents l’ont inscrit à plusieurs cours à distance. (…) Le fils ne reçoit pas de bulletin et n’aura pas de diplôme. Les fournisseurs de cours ajoutent des points sur sa « Carte de compétences », au gré de ses progrès. (…)

La mère n’a pas de contrat de travail. Elle est indépendante depuis quinze ans. Son dernier employeur lui avait alors proposé de travailler chez elle pour « aménager son temps de travail à sa guise ». Elle avait accepté et s’en mord les doigts. Elle travaille au moins dix heures par jour et, souvent, le week-end. Elle doit payer son équipement, son chauffage, son électricité et ses communications. Ca lui mange une grande partie de ses revenus.

La famille tout entière consacre le quart de son budget, à l’achat de matériel, aux communications Internet et au paiement de cours à distance.

La mère n’a plus de collègue et ne voit plus ses amis depuis longtemps. Elle n’a plus le temps. Le père a abandonné ses activités de syndicaliste. Le fils n’a pas de copains. Il a une amie. Il ne l’a jamais vue. Ils se sont connus en jouant sur Internet. »

Extrait de Tableau noir Résister à la privatisation de l’enseignement Gérard de Sélys & Nico Hirtt Editions EPO, Bruxelles. 1998

 

 

Post-scriptum

A l’heure où un nouveau concept cantonal sur les ICT va être mis sur pied, il s’agit de se demander si l’école doit précéder ou accompagner cette dérive que dénonçait déjà le journaliste de Sélys en 1998. Ou si elle doit au contraire résister. A noter que la SPVal aura de la peine à donner sa position, puisqu’elle n’est jamais consultée sur ce dossier.

Jean-Claude Savoy

 

 
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