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Si j'étais directeur...

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Ernest Abbé disait qu’il y a deux types de directeurs d’école : les incompétents et les pires. Petit jeu de rôle pour décortiquer l’impertinence de cet aphorisme.

Peut-on trouver beaucoup d’enseignants prêts à accorder un diplôme d’excellence à leur direction ? De récentes rencontres ont projeté sur l’écran de mon interrogation davantage de faciès inquiétants que de portraits avantageux. L’enseignant cultive-t-il dans ses gènes quelque souche de paranoïa ou est-il marqué du sceau de la rébellion ? Aucune étude sérieuse ne répond aujourd’hui à cette question. Il faut donc, comme disait l’abbé Pierre, se mettre à la place de l’autre car nulle vraie recherche du bien commun ne sera possible hors de là. En vrai produit de l’éducation judéo-chrétienne, j’ai décidé d’appliquer le sage conseil du premier des compagnons d’Emmaüs. Si j’étais directeur… Halte, en début d’exercice, je tance déjà d’un regard noir les collègues qui lisent dans le contenu de cette subordonnée conjonctive des traces d’ambitions inassouvies. Il s’agit bien d’une expérience scientifique destinée à éclairer mon jugement sur les instances dirigeantes du monde scolaire et non pas de l’ébauche d’un plan de carrière. Si j’étais directeur… Exercice de pure fiction, tout lien tiré par le lecteur vers des situations existantes ou ayant existé sera passible d’action en justice devant le tribunal arbitral de la pédagogie (TAP).

Si j’étais directeur, je me rappellerais chaque jour que la réussite des élèves dépend fortement de l’espace de créativité que je laisse à mes enseignants.

Si j’étais directeur, je me fixerais le défi de connaître un maximum d’élèves.

Si j’étais directeur, je nommerais un ministre de la facilitation qui m’interdirait toute démarche compliquant la tâche de mes enseignants.

Si j’étais directeur, je désignerais un gardien du temps qui m’interdirait d’anticiper les délais définis au niveau supérieur pour augmenter mon confort ou calmer mes angoisses.

Si j’étais directeur, j’imposerais chaque année un séminaire de réflexion à la Foire du Valais à tous mes enseignants. Je rentrerais avec le dernier train en essayant de mettre les rescapés de ma cohorte en colonne par deux.

Si j’étais directeur, je demanderais, une fois par mois, à une maîtresse enfantine d’échanger nos rôles pour une demi-journée. Je choisirais prioritairement une classe à deux degrés.

Si j’étais directeur, je suivrais régulièrement des cours de formation continue en humour et en autodérision.

Si j’étais directeur, j’afficherais dans mon bureau cette pensée de François Proust : En imposer pour ne pas avoir à imposer, voilà en quoi consiste le charisme.

Si j’étais directeur, je peaufinerais mon anglais pour ne pas oublier l’expression "bottom up" et saisir sa portée.

Si j’étais directeur, je fréquenterais assidûment la salle des maîtres pour y partager des moments de convivialité.

Si j’étais directeur, j’organiserais des séances de massage pour que mes troupes soient au top de la forme dans leur combat contre l’ignorance.

Si j’étais directeur, je sèmerais timidement et avec bienveillance, dans les salles des maîtres, des paroles encourageantes et positives en espérant qu’elles influencent les pratiques des enseignants.

Je ne serai jamais directeur et ma plume d’enseignant est forcément subjective. Je suis prêt, pour rétablir l’équilibre et commencer un début de construction commune, à offrir une tribune à l’une ou l’autre direction. L’exercice inverserait les regards et le texte serait intitulé "Si j’étais simple enseignant…" Allez, le défi est lancé…

Didier Jacquier

Président SPVal

 

 
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