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Ni le beurre ni l’argent du beurre ?

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Dans sa séance du 13 août 2014, le Conseil d’Etat du Canton du Valais a fixé la date d’introduction de la loi sur l’enseignement primaire au 1er août 2015. Une décision qui pourrait être une bonne nouvelle si elle s’arrêtait au le choix de la date d’entrée en vigueur. Or, ce n’est malheureusement pas le cas.

Naïve au point de croire à ses propres promesses, la laitière de Jean de Lafontaine comptait ses sous avant de les avoir gagnés. Perrette, l’héroïne de la fable du pot au lait, pourrait bien se réincarner sous le ciel valaisan. Si les maîtresses d’école portaient encore un tablier, notre célèbre laitière pourrait sans souci l’échanger contre son cotillon. Perrette, voilà un prénom plaisant. S’il sonne doux aux oreilles de nos magistrats, il n’est pas certain qu’il plaise à la totalité de l’aréopage en charge des classes enfantines et primaires. De plus, la forme masculine semble tombée dans l’oubli. Il y a pourtant encore des hommes à l’ombre des préaux.

Mais que vient faire Lafontaine au seuil de ce billet ? Explications.

 

Dans le deuxième paragraphe de sa récente décision, le Conseil d’Etat « émet la réserve d’une éventuelle modification des articles 29 alinéa 1 et 48 alinéa 2 de la loi sur le traitement du personnel de la scolarité obligatoire ». Que signifie cette précaution ? Que disent-ils ces articles qui pourraient être modifiés ? Nous dirons qu’ils sont le fruit d’intenses négociations tenues lors de la préparation de la loi. Ils définissent tout simplement le nombre de périodes d’enseignement d’un emploi à plein-temps. Par souci de clarté, il convient de les citer ici tels que votés par le Parlement le 14 septembre 2011 :

Art. 29 Nombre de périodes d’enseignement

1 En principe, le temps d’enseignement face aux élèves correspond à 30 périodes/semaine.

Art. 48 Dispositions transitoires

2 L’article 29 alinéa 1 entre en vigueur en même temps que la loi sur l’enseignement primaire.

 

Peut-on décemment profiter des difficultés budgétaires actuelles pour modifier une loi qui vient d’être votée ? Perette n’a pas encore caressé son bénéfice et le voilà qui s’envole. Quelques petits rappels peuvent peut-être justifier la juste colère qui peut envahir les victimes touchées par une adaptation de ce texte légal. Celui-ci, avant d’être mis en application, est déjà promis à des modifications défavorables aux employés. On peut bien imaginer que la réserve émise n’ira pas dans le sens d’une diminution du pensum, mais bien dans une direction inverse qui pourrait culminer à 32 périodes hebdomadaires.

La mémoire de certains est parfois terriblement sélective. Celle des enseignants peinera cependant à oublier les faits qui suivent.

La récente revalorisation salariale des enseignants des deux premiers cycles de la scolarité obligatoire était d’abord projetée à hauteur de 400 francs mensuels. L’argumentation qui a accompagné la fixation à 200 francs parlait de la revalorisation indirecte que constituait le passage de 33 à 30 périodes. Revalorisation qui n’est pas encore en vigueur et que l’on remet en cause aujourd’hui.

Les comparaisons avec les autres ordres d’enseignement plaidaient toutes pour une diminution sensible. Les 33 périodes exigées semblaient disproportionnées face aux 23 en vigueur au secondaire II ou au 26 pratiquées au secondaire I. Ce fossé étant doublé d’un gouffre dans les échelles salariales.

Les décharges de fin de carrière devaient adoucir l’ajout de 2 ans à la durée de la vie professionnelle. Leur suspension actuelle laisse un goût amer aux serviteurs fidèles et parfois usés par la récurrence des défis affrontés.

Du côté pédagogique, une dissociation entre le temps de présence de l’enseignant et celui de l’élève, voulue par les rédacteurs de la LEP, invitait les responsables de l’organisation scolaire à penser l’école autrement. Des grilles horaires délibérément différentes entre le maître et son élève pouvaient favoriser la collaboration entre enseignants et l’optimisation des compétences offertes aux élèves. Le monde politique semble peu enclin à explorer ces nouvelles pistes. Le 32 pour tous paraît sonner le glas de l’imagination dans le futur de l’institution scolaire.

La LEP prévoyant un temps défini pour l’enseignement dans l’ensemble des cycles, un passage à 32 périodes poserait d’insolubles problèmes dans la mise en place d’activités complémentaires des enseignants des degrés du premier cycle.

 

Les Perrette d’aujourd’hui refuseront de jouer les vaches à lait. Les Perrette d’aujourd’hui doivent clairement faire savoir qu’il est exclu de toucher à l’article 29 de la loi sur le traitement et que seules des mesures transitoires négociées pourront les faire patienter encore.

Didier Jacquier

Président SPVal

 

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