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Les 10 thèses sur l'école d'Oskar Freysinger : plat réchauffé à garder à l'œil !

Evoquée depuis environ deux mois à intervalles réguliers et entourée d’un certain mystère puisque personne – ou presque – n’en connaissait la teneur, la conférence de presse du Chef du Département de la Formation et de la Sécurité, agendée au 1 mars, s’annonçait comme L’événement de ce début d’année 2016.

Jour J-1 : L’invitation pour les médias circule, mentionnant « l’élaboration d’un manuel simple et compréhensible à l’intention du corps enseignant résumant les principes éthiques et méthodologiques qui fonderont la démarche scolaire du DFS ». Les téléphones crépitent : les journalistes nous contactent afin d’avoir des informations et d’organiser des interviews. De notre côté, nous nous demandons depuis quelque temps déjà si les dix thèses annoncées seront les mêmes que celles qui ont été dévoilées à l’ensemble des partenaires lors de la séance d’ouverture de l’année scolaire 2015/2016…

Jour J : Les titres de ces dix thèses ne sont pas nouveaux : ce sont bien ceux qui ont été présentés officiellement lors de la réunion d’ouverture du mois d’août. En revanche, nous en découvrons le contenu aujourd’hui et plusieurs phrases, parues dans le communiqué pour les médias, suscitent des interrogations, notamment : « A partir de chacune des dix thèses présentées, une application concrète sera développée dans les mois à venir. » Dès lors, que devons-nous lire en filigrane derrière des concepts tels que « maintenir une certaine homogénéité de la classe », « réhabiliter la mémorisation », « binôme maître-élève » ? A l’heure actuelle, nous ne pouvons que nous perdre en conjectures mais l’inquiétude est bel et bien là : ne sommes-nous pas en train d’assister à l’annonce d’un démantèlement progressif des nouvelles lois et d’un retour aux anciens systèmes ? En effet, les applications concrètes des dix thèses seront développées par le Chef de Service pour la séance de rentrée du 11 août 2016. Les directions seront informées des mesures à prendre dans les classes. Ne voulant pas attendre la consultation promise, nous relevons déjà, à chaud, certains morceaux choisis (et résumés) tirés de cette brochure :

« La pédagogie est un art de vivre, non une science exacte. »

Les enseignants n'ont jamais dit que la pédagogie était une science exacte. Nous soulignons que la pédagogie fait partie des sciences humaines, comme la psychologie.

Les élèves devront s'engager de manière active en classe car « la chance paie parfois, l'effort toujours ! » Leur motivation doit leur permettre de se dépasser et éviter le nivellement par le bas. Les notes et l'échec se retrouvent comme indicateurs et instruments pédagogiques pour stimuler l'enfant.
La mémoire longue, fondée sur la culture, doit être travaillée. On y découvre également que l'on va surtout à l'école pour apprendre quelque chose et acquérir du savoir. Pour y arriver Monsieur Freysinger propose de travailler les livrets, les dates historiques, les noms de villes, les lieux géographiques, les poèmes, les chansons, les expressions, le savoir-vivre. Cette culture générale est fondée sur la mémorisation.
La maîtrise de la langue maternelle et des mathématiques sont les garants des apprentissages fondamentaux. Ces derniers sont les racines de toutes les autres branches. La lecture d'œuvres littéraires donne des clés aux élèves pour comprendre la réalité à travers les univers romanesques.
La promotion des deux langues cantonales permettra de disposer de moyens de communication multiples. Les autres langues seront introduites de manière parallèle ou ultérieure. En maîtrisant plusieurs langues, des passerelles seront possibles vers d'autres formes de pensées ou de conceptions de la vie.
Les moyens d'enseignements ne doivent pas déterminer le programme. Les objectifs à atteindre ne sont pas dictés par l'utilisation d'outils informatiques ou d'autres moyens. Le processus d'apprentissage se termine par l'acquisition des savoirs et des compétences étendues.
Le binôme maître-élève ne peut fonctionner que si l'enseignant a les moyens de sa mission. Sa personnalité, ses compétences théoriques, pédagogiques, psychologiques et en techniques d'apprentissage sont des conditions sine qua non pour qu'il puisse gouverner une classe. L'élève doit vouloir égaler le maître. Les élèves sont des êtres humains à éduquer, former et élever. L'école doit pour cela rester en prise avec son temps mais se détacher des modes en gardant sa dignité.
Dans cette école de vie, la conscience morale sera formée et cultivée à travers les fondements de l'histoire de notre civilisation. L'élève construira sa conscience morale et élaborera des repères de jugements universels pour vivre harmonieusement avec les autres. Si l'éducation n'a pas de valeurs alors l'élève peut être conduit à l'apathie, à l'utilisation de la violence, à la consommation de drogue voire au suicide.
Pour coller à la réalité du terrain des compétences décisionnelles accrues seront attribuées aux directions locales. L'action pédagogique en classe doit prendre le dessus sur la bureaucratie.

Le mystère savamment entretenu pour la présentation de ces thèses nous étonne parce que ce sont des éléments que nous avons déjà entendus à plusieurs reprises de la part du Chef du DFS et que, pour plusieurs d’entre eux, ils enfoncent des portes ouvertes. Le ton du recueil est surprenant : certaines phrases laissent à penser que l’école valaisanne actuelle est un chaos dans lequel il faut remettre de l’ordre ; d’autres énoncés semblent regretter l’école d’autrefois et un certain âge d’or de l’éducation.

D’autre part, il est fort surprenant de constater que ce recueil de thèses ne fait aucune mention de problématiques cruciales pour l’école d’aujourd’hui : les mesures d’aide pour les élèves ayant des besoins particuliers, l’accueil des jeunes migrants, etc.

Certains journalistes se questionnent sur la paternité du document. Oskar Freysinger dit qu'il y a travaillé longuement, puis a fait relire le texte par Slobodan Despot et ce n'est qu'ensuite que des cadres du Service de l'enseignement l'ont aidé à peaufiner les détails. "La plus grande difficulté a été la traduction en allemand de certaines notions." Le Chef du DFS a élaboré ses thèses en collaboration avec certains représentants du Service de l’enseignement mais, à aucun moment au cours de la rédaction de ce recueil, les associations d’enseignants n’ont été consultées ou n’ont pu donner leur point de vue sur l’école telle qu’ils la vivent sur le terrain au quotidien…

Cette brochure au format de poche, couleur lie de vin, est réversible et peut se lire dans la langue de Molière ou de Goethe. Les points présentés y sont retravaillés, explicités, argumentés. La technique de la mise en gras est utilisée pour faire ressortir des éléments sciemment choisis. Des évidences si nous nous contentons d'une lecture transversale. En s'y plongeant de plus près, certains sujets présentés de manière anodine peuvent laisser planer le doute sur les intentions finales. Nous conseillons donc à tous les enseignants valaisans de mettre en pratique leurs connaissances d'analyse de texte. Ils pourront ensuite mettre en confrontation les mesures présentées par le DFS avec les affirmations reconnues par les pairs enseignants et diffusées dans les ouvrages du SER à savoir : le Livre blanc: "Pour une école Humaniste" et le Code de déontologie.

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