Aller au contenu. | Aller à la navigation

Personal tools
Se connecter
Navigation
Vous êtes ici :AccueilTribune Libre L’enseignement primaire valaisan, jusqu'où ira-t-on?
Bookmark & Share:
Actions sur le document
  • Imprimer
  • Bookmark

L’enseignement primaire valaisan, jusqu'où ira-t-on?

Mots-clés associés :
Message d'un enseignant retraité

Cela fait près de dix ans que j’ai pris ma retraite d’enseignant de l’école primaire. J'étais épuisé.

Ma passion, je l’ai retrouvée une année plus tard et je me suis mis à faire des remplacements en précisant bien qu’il n'était pas question que je "vole" la place de jeunes  gens en formation.

Ces remplacements m’ont permis de suivre l’évolution de ce métier.

Mon constat est alarmant.

Sans forcer le trait, je dirais que la transmission des connaissances est devenue un objectif accessoire qu’on essaie de glisser au milieu des innombrables tâches que l’on délègue à l’école.

Les cours de recyclage, les réunions pour ceci, pour cela, les rapports de tous ordres, les dossiers, les rencontres avec l’autorité, avec les parents parfois accompagnés de leur avocat, avec les spécialistes, tout cela use les enseignants, même les plus aguerris.

Que dire de la vie de la classe? Il est rare que le groupe soit au complet. Un nombre toujours plus important d'élèves suivent, durant le temps scolaire, des cours de rattrapage, d'appui, de soutien. Ce type de fonctionnement crée une désorganisation telle que la classe devient quasi ingérable et qu'il est alors illusoire de créer une dynamique de groupe propice à l'apprentissage et au travail.

Bref, prononcer le mot « anarchie » n’est pas exagéré.

Ajoutons encore à cela les enfants au comportement difficile qui souvent perturbent la bonne marche de la classe. Les "cas" de plus en plus précoces se multiplient d’année en année.

On n’est pas loin de la quadrature du cercle!

Beaucoup d'enseignants sont à bout. Ils taisent leurs problèmes. Certains cessent de se battre, baissent les bras. D’autres "partent en burn-out" et finissent par abandonner la profession, tant est sévère leur désillusion. Ils ne reconnaissent plus le métier qu'ils ont choisi.

Les enseignants ont besoin d’aide. Ils ne se sentent pas soutenus.

Ils doivent se faire entendre.

Ils doivent être entendus.

Que font les dirigeants concernés ?

 Ne rien faire, attendre que les problèmes se règlent tout seuls est une attitude qui en séduit plus d'un.

D'autres, en mauvais chefs d’entreprises,  considèrent les enseignants comme de simples employés, des pions que l’on déplace au gré d’obscurs desseins. «Si vous n’êtes pas contents, allez voir ailleurs !»

Certains, enfin, écoutent, rencontrent, essaient de trouver des solutions, font ce qu’ils peuvent, car, disent-ils, les moyens manquent.

Pour moi, ce n’est pas assez, et de loin pas.

Il serait temps de recadrer le système scolaire, de mettre les choses à leur vraie place, de laisser les enseignants enseigner.

Les félicitations, les éloges de fin d’année ne suffisent pas et plus.

                                                                                                                 

André Bonvin, Monthey

 

Ajouter un commentaire

Vous pouvez ajouter un commentaire en complétant le formulaire ci-dessous. Le format doit être plain text. Les commentaires sont modérés.

 
Solution Solgema, création de site internet, sites web, CMS, intranet, boutique en ligne, gestion de contenu, OpenERP par Martronic SA