Aller au contenu. | Aller à la navigation

Personal tools
Se connecter
Navigation
Vous êtes ici :AccueilTribune LibreCa m'énerve....
Bookmark & Share:
Actions sur le document
  • Imprimer
  • Bookmark

Ca m'énerve....

Texte lu par Séverine Damay Reuse lors de l'Assemblée de Délégués SPVal du 10.06.2017 devant les autorités du DEF et du SE.

Séverine Damay Reuse, enseignante en classe enfantine depuis 26 ans, burn out en 2009, 3 mois d’arrêt de travail mais un temps beaucoup plus long pour me redresser complètement, au comité de la SPVal depuis 6 ans, mais ce qui suit n’engage que moi.

Je me suis inspirée du célèbre « ÇA M’ENERVE » d’Helmut Fritz pour écrire ce qui suit :

Ça m’énerve de devoir encore prendre la parole en 2017 pour soutenir les classes enfantines malgré cette fameuse LEP qui, rendant l’école enfantine obligatoire pour les enfants, devait nous apporter tant de changements positifs. Ces changements, je les attends encore.

Ça m’énerve que l’école enfantine soit sous-estimée dans la tête des parents, des politiques et qu’elle passe encore trop souvent pour le monde des Bisounours et des licornes.

Ça m’énerve que lorsque l’on fait une demande pour une classe enfantine, elle soit prise moins au sérieux que pour une classe primaire.

Ça m’énerve que l’urgence logopédique que l’on présente au guichet unique soit estimée moins urgente qu’une autre urgence et doive donc attendre par manque de ressources.

Ça m’énerve que mes élèves allophones n’aient pas droit à des cours de soutien parce qu’ils sont à l’école enfantine et qu’ils arriveront à cause de cela en 3H sans le bagage de vocabulaire nécessaire à l’apprentissage de la lecture.

Ça m’énerve de voir de plus en plus de collègues en souffrance, en ras-le-bol, surfant avec le burn out.

Ça m’énerve d’entendre encore et toujours que l’on doit économiser, que le Valais ne peut pas se permettre plus de dépenses pour l’école.

Ça m’énerve d’entendre : «Il faut attendre… je ne peux rien faire… je n’ai personne de disponible…toutes les dotations ont déjà été attribuées » quand une enseignante parle  à sa direction d’un enfant au comportement très difficile.

Ça m’énerve que les collègues des petits degrés doivent fuir vers les grands degrés pour avoir de meilleures conditions de travail.

Ça m’énerve de devoir convaincre, insister, supplier pour pouvoir obtenir de l’aide dans les petits degrés, comme si notre avis de professionnelles ne comptait pas.

Ça m’énerve quand une enseignante spécialisée propose un vrai projet pédagogique pour les classes enfantines de sa ville et que la dotation horaire ne lui est pas accordée.

Ça m’énerve par-dessus tout que les gens qui nous entourent (proches/ politiques/ société) pensent encore trop souvent qu’à petits élèves, petits problèmes et donc petits moyens.

Je sais… ma liste est longue…

Alors, si vous ne devez retenir qu’une chose de cette lettre de doléances, Monsieur Darbellay, Monsieur Lonfat, c’est qu’en classe enfantine aussi, il y a des enfants ingérables, non-éduqués peut-être ou non-diagnostiqués car considérés comme trop jeunes. Et que pour ces élèves-là, il faut frapper fréquemment, fortement, assidûment aux portes des parents, des directions d’école, des autorités scolaires pour se faire prendre au sérieux et obtenir des miettes d’aide.

Dans un canton connu loin à la ronde pour son intégration des enfants en situation de handicap et dont je suis fière, il est maintenant temps , je pense, d’investir également en temps, en idées, en ressources pour aider les enseignants à cadrer ces nombreux enfants difficiles, ces enfants-roi qui ne souffrent pas d’un handicap mais qui peuplent nos classes enfantines, qui mordent leurs copains, ne répondent pas au mot NON, tapent leurs camarades, leur maîtresse ou n’importe quel adulte qui les mettent devant une frustration.

Car je reste persuadée qu’attendre l’arrivée de ces enfants en primaire pour enfin intervenir sérieusement n’est pas la solution pour ces enfants et conduit bien trop souvent les maîtresses enfantines qui en ont la charge au bord de la rupture.

Ajouter un commentaire

Vous pouvez ajouter un commentaire en complétant le formulaire ci-dessous. Le format doit être plain text. Les commentaires sont modérés.

 
Solution Solgema, création de site internet, sites web, CMS, intranet, boutique en ligne, gestion de contenu, OpenERP par Martronic SA