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Séchan, quel voyou !

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Veulent me gaver comme une oie/Avec des matières indigestes/J’aurai oublié tout ça/Quand j’aurai appris tout l’reste/Soulève un peu mon cartable/L’est lourd comme un cheval mort/Dix kilos d’indispensables/Théorèmes de Pythagore ! (Renaud Séchan, C’est quand qu’on va où ? album A la Belle de Mai 1994)

Fils d’un professeur d’allemand et petit-fils d’un helléniste renommé enseignant à la Sorbonne, Renaud, malgré ses aptitudes en français, joue les rebelles dans les murs du Lycée Montaigne de Paris en 1967. Séchant les cours pour écrire des poèmes, Renaud affûte la plume qui fera de lui un chanteur à textes. Outrancier dans ses critiques sociales hexagonales, il n’épargne pas l’école lorsqu’elle passe dans le viseur de son stylo.

A l’entame d’une nouvelle année scolaire, faut-il emprunter l’œil accusateur du « chanteur énervant » pour remettre en question certaines pratiques et dépoussiérer quelques habitudes ? Pouvons-nous, au contraire, nous gausser de critiques dépassées par le renouveau pédagogique qui a gommé les anciens travers aujourd’hui rangés dans l’armoire aux mauvaises pratiques ?

Le micro est encore froid et le chanteur livre sa première attaque : « Je m’suis chopé 500 lignes … » Ont-elles trouvé leur digne successeur ces punitions bêtes et méchantes appelées à remettre sur le droit chemin la brebis égarée ? Les sanctions réparatrices d’aujourd’hui remplacent-elles partout et avantageusement les fameuses lignes de la pêche au pardon ? L’actualité estivale valaisanne peut ébranler certains piliers de l’arsenal répressif en nous proposant une nouvelle question : « Que faire avec une élève qui, pour éviter une punition, entreprend une grève de la faim ? » Il faudra sans doute édicter une directive sur le sujet. Son titre est déjà trouvé : « Comment corriger l’élève qui dérapa ? » Quelques accords plus loin, Renaud use d’une surprenante tournure pour dire « aller à l’école » : « C’est quand même un peu galère/D’aller chaque jour au chagrin ». Quelle horreur ! Comparer une traversée de préau avec le chemin du bagne : impudente analogie ! Elève qui entre à l’école, es-tu condamné à 11 ans de tristesse ? Tu n’aurais donc droit qu’à un seul sourire par année, celui de la photo de classe. Monsieur le chanteur, votre déprime vous aveugle, soyez un peu plus positif que diable ! Ouf ! Les couplets suivants sont plus conciliants : « L’essentiel à nous apprendre/C’est l’amour des livres qui fait/Qu’tu peux voyager d’ta chambre/Autour de l’humanité/…Avoir une belle écriture/Pour écrire des mots rebelles/A faire tomber tous les murs ! » Cette critique positive doit nous encourager. Tout n’est pas à jeter dans l’univers scolaire. L’homme à la guitare nous laisse entendre que ses souhaits sont dans nos cordes. Enseignants, chers collègues, prenons cette chanson comme un défi pour nous lancer dans une nouvelle année scolaire. Rebelles au train-train, nous serons sans reproche face à nos élèves dont nous ne ferons ni des moutons ni des mutins. C’est quand qu’on va où ?
C’est maintenant et c’est le plus loin possible…

Bonne année scolaire à tous !

Didier Jacquier, président SPVal

 

 
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