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Que pêcher dans les méandres de la formation ?

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Qu’elle soit disciplinaire ou générale, qu’elle se destine à des élèves des cycles enfantin, primaire, secondaire ou à de futurs enseignants, la formation suscite débats et réflexions. Est-ce bien raisonnable de pondre encore quelques lignes sur ce sujet ? Je ne juge pas cette démarche superflue.

L’entrée en société

Il me paraît logique d’entamer cette réflexion au pied de l’échelle, là où le petit d’homme change de statut en recevant le titre d’élève. Est-ce vraiment le début du parcours ? On a tendance à le dire en négligeant un peu vite les quatre ans d’études préscolaires de ces bacheliers de la petite enfance. Mettre le pied sur le premier échelon ne présente pas la même somme de difficultés pour chacun de ces néo-apprenants. Régir la mise à niveau de la diversité des acquisitions représente une tâche capitale confiée aux maîtresses de l’école enfantine. Utiliser l’énergie du dégourdi pour motiver le rêveur, effacer la peur du craintif avec la gomme du téméraire demande de larges compétences et des trésors d’imagination. Détecter les troubles qui freinent les acquisitions, proposer des remèdes qui dopent les apprentissages, ces missions ne sont pas toujours reconnues à leur juste valeur.

Du cartilage à l’ossature

L’étage suivant est un building à lui tout seul. A l’école primaire, l’élève voit son âge doubler. Il passe, de 6 à 12 ans, la moitié de sa vie à se construire pour la suite. L’accompagnement de cette lente maturation ne peut s’envisager que dans la verticalité. En aucun cas les enseignants successifs de devront déposer un savoir sur l’autre à la manière des enfants qui construisent des tours de plots en déployant des trésors d’habileté pour retarder l’inéluctable moment de l’écroulement. Une vision généraliste du parcours et une mobilité régulière dans les années du cursus paraissent représenter des atouts indispensables pour envisager un accomplissement humaniste de la mission éducative. Le domaine formation générale du futur PER trouverait ainsi une évidente justification. La permanente recherche d’équilibre entre les acquisitions scolaires et les apprentissages extrascolaires passe par une remise en question des évaluations. Privilégier l’analyse du chemin qui reste à faire doit prendre le pas sur l’écriture d’un historique des acquisitions. Cette vision verticale de l’élève nécessite la mise en réseau des regards des enseignants. Elle n’est pas envisageable sans esprit d’équipe et partage des responsabilités.

L’heure des choix

Couplée aux tourments de l’adolescence, cette période difficile doit jouer pleinement son rôle d’orientation. Retarder le plus possible le cloisonnement des filières, c’est permettre à l’élève de croire en ses chances. C’est aussi lui donner du temps pour mûrir et pour envisager diversement son futur. La spécialisation des enseignants ne favorise pas un regard global sur les personnalités en formation. Donner à l’élève un référent dans le corps professoral, qu’il soit appelé titulaire ou qu’il porte une autre dénomination, l’aidera à trouver sa voie et à consentir les efforts nécessaires à la réalisation de ses ambitions. Ce coaching pédagogique géré par le même enseignant durant toute la période d’orientation représenterait certainement un atout supplémentaire. Les cartes ne seront jamais trop bonnes lorsqu’il s’agira de jouer sa place dans la vie professionnelle. Que celle-ci débute à 16 ans ou beaucoup plus tard, les acquisitions glanées sur les chemins de l’école obligatoire seront de toutes manières déterminantes.

Quelle formation pour les enseignants ?

Au delà du débat sur la certification ou de l’estampille nécessaire pour débuter l’activité, c’est du contenu que nous devons nous soucier. Porté par un homme ou une femme, à plein temps ou à temps partiel, le costume de l’enseignant ne sera jamais seyant pour tout le monde. Il faudra donc choisir un tissu cossu pour le tailler mais ne jamais négliger les retouches. Les tâches et les exigences se diversifient, les responsabilités que personne n’endosse plus retombent souvent sur les épaules des acteurs scolaires. Il faut donc accepter l’imperfection en visant le perfectionnement tout au long d’une carrière. Nier ce constat, c’est refuser d’entrer dans l’eau avant de savoir nager. De l’observation quotidienne de la vie des classes naîtront les choix de formations à mettre en place. Un accompagnement en début de carrière paraît indispensable. La mise à disposition de mentors, référents expérimentés, pourrait constituer une ressource appréciable non seulement pour les jeunes mais également lors de changement de degré ou d’essoufflement passager. Des reconnaissances labellisées interviendraient tout au long d’une carrière. Si elles sont accompagnées d’une juste rémunération personne ne s’en plaindra. La réflexion est à mener, notre monde change très vite et, comme en automobile, il faut anticiper la position du volant avant d’être au milieu du virage.

Didier Jacquier

Président SPVal

 
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