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Le légionnaire et le pistolet à eau

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« Un Etat qui croit en son école et en la nécessité d’équiper au mieux ses légionnaires qui s’en vont quotidiennement au combat contre la médiocrité et l’ignorance (…) » Jean-François Lovey, Résonances n° 8, Mai 2011

L’accumulation des exercices annuels d’extinction des bougies artistiquement fichées dans un support pâtissier constitue une activité peu porteuse de développements à très long terme. Elle comporte cependant quelques avantages utilisés en œnologie pour la bonification. Appliquée à l’enseignant, cette vision magnifiant le vieillissement peut être porteuse de redoutables responsabilités. La valise de l’expérience qui, chaque année, se voit garnir de son lot d’oripeaux frottés aux expériences pédagogiques constitue à la longue un précieux recueil d’étalonnages pour l’analyse de l’évolution de la profession.

Comment équiper le légionnaire scolaire pour lui permettre d’assumer sa mission à la hauteur requise ? Le barda du légionnaire d’hier comprenait des armes invisibles et des équipements aujourd’hui dénoncés par les conventions internationales. Souvent partagés avec les parents, ces outils ont constitués des forces dissuasives qui ont longtemps contribué au maintien de la paix des écoles. L’élève pris en tenaille entre la baguette magistrale et le courroux paternel devait filer droit. Le consensus entre parents et enseignants était garant d’un mûrissement harmonieux des crus en devenir.

Aucune nostalgie ne doit nous faire regretter cette époque révolue. Confucius disait que l’expérience est une lanterne que nous portons accrochée dans le dos, elle n’éclaire que le chemin déjà parcouru… C’est donc sous les moyens d’éclairage d’aujourd’hui que nous nous nourrissons de diverses lectures pour affûter les pratiques. Celle de Résonances est roborative quand le général rassure ses troupes. Celle de la presse quotidienne est parfois plus troublante.

En tournant négligemment les pages du cahier sportif du quotidien valaisan devenu de référence grâce à son unicité, on peut tomber sur des entrefilets qui torturent la quiétude d’un petit déjeuner. « Les parents à leur place »… Non, vous n’êtes pas en lévitation entre votre croissant et le courrier des lecteurs du quotidien qui côtoie votre tasse de café. Le journaliste est sportif, comme le cahier dans lequel il s’exprime. Le rédacteur a de la bouteille et connaît le foot car il doit avoir couvert une dizaine de finale de coupe. Il s’insurge cependant en nous rapportant un fait survenu sur une verte pelouse qui servait de décor aux ébats de deux équipes de juniors E. Citation : « Après avoir prié, en vain, un joueur particulièrement violent et agressif de se calmer, puis l’entraîneur de le sortir du terrain, l’arbitre s’est résolu à l’expulser lui-même. Crime de lèse-majesté, cette décision lui valut une pluie d’insultes de la part du père du joueur entretemps entré sur le terrain. » Ailleurs dans l’article, le rapporteur nous dit que, suite à cet évènement, l’arbitre a dû se résoudre à interrompre le match.

L’enseignant lecteur de cet article ne peut que plaindre le ou la collègue qui va recevoir en classe ce junior E lorsqu’il aura troqué son pull de foot contre ses habits d’écolier. Pauvre collègue légionnaire, comment faudra-t-il t’équiper pour que tu sois à la hauteur de la tâche ? Oseras-tu, toi aussi, le crime de lèse-majesté ? Toi, tu n’as pas le droit d’interrompre le match. Tu dois aller au bout du temps réglementaire et parfois tu dois même gérer les prolongations.

Et pendant ce temps, la vie continue. Certains pensent que l’école doit se contenter d’enseigner. D’autres se demandent comment trouver le juste équilibre entre enseignement et éducation. Et les légionnaires, dans leur garnison, se préparent à chasser l’éléphant avec des pistolets à eau…

Heureusement que dans le monde de l’armement, le génie humain n’a pas dit son dernier mot. Cela nous laisse quelques espoirs…

Didier Jacquier

Président SPVal

 

 
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